Sénégal: Collectif pour la défense de la laïcité et de l’unité nationale au Sénégal

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WLUML
Projet de declaration commune.
Mobilisons-nous pour préserver l’unité nationale, la laïcité et les acquis démocratiques. Depuis plusieurs années, un groupe d’associations islamiques tente de saper les fondements démocratiques de l’Etat sénégalais, en remettant régulièrement en cause sa laïcité et les acquis juridiques régissant la famille. Avec un projet de Code remis au Chef de l'État, que la presse a largement commenté, ces associations exigent l’adoption d’une loi portant code de statut personnel applicable aux seuls Musulmans.
Un tel projet s’avère dangereux, car il annihile les quelques progrès contenus dans l’actuel Code de la famille et renferme les germes d’une division de la nation et pourrait être à l’origine d’un conflit religieux grave au Sénégal, comme en ont connu le Nigeria, le Soudan, le Bangladesh ou l’Inde. Ainsi en Inde ou au Soudan, l’utilisation de la religion a provoqué des guerres et même la partition du pays. Dans les États du Nord du Nigeria, des groupes se sont servis de la religion pour bafouer les droits élémentaires de la personne humaine, ceux des femmes notamment.

Le projet de Code de statut personnel constitue un net recul par rapport à la promotion des droits humains et démocratiques. Il faut rappeler que l’actuel Code de la Famille prend déjà en charge les différentes sensibilités sénégalaises notamment celles des Musulmans en instituant un système d’option entre le droit moderne et le droit musulman. Ainsi la polygamie, l’héritage selon le droit musulman, l’autorité masculine sur la famille, sont maintenus. Pour les femmes, l’acquis majeur du Code est la suppression de la répudiation.

Il est important de souligner que l’actuel code de la famille que les associations islamiques veulent réserver aux non musulmans, comporte des options, qui peuvent heurter d’autres convictions ou croyances, notamment en ce qui concerne la polygamie ou l’héritage inégal entre les sexes. De même, les femmes ne sont pas les seules visées par ce projet de code, qui, parce qu’il cible la famille, concerne aussi les hommes.

Ne nous laissons pas aveugler par les revendications des ces associations, qui n’ébranlent pas nos propres convictions religieuses.

Nous devons présenter un front large, uni et déterminé, pour que ce Code, dont l’adoption constituerait une atteinte grave aux valeurs citoyennes au profit de conceptions d’un autre âge, soit rejeté.

LISTE PROVISOIRE DES SIGNATAIRES

Union Nationale des Syndicats Autonomes du Sénégal (UNSAS

Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal (CNTS)

Réseau Africain pour la Promotion de la Femme Travailleuse (RAFET)

Union Démocratique des Enseignants (UDEN)

Réseau Africain pour le Développement Intégré/ Centre d’Information Juridique (RADI/CIJ)

Groupe de Recherche sur les Femmes et les Lois au Sénégal (GREFELS)

Union Sénégalaise d’Entraide (USE)

Coordination des Etudiants Catholiques du Sénégal

Institut des Droits de l’Homme et de la Pais (IDHP)

Conseil Sénégalais des Femmes (COSEF)

Présence Chrétienne

Rencontre Africaine pour les Droits de l’Homme

Union des Femmes Catholiques du Sénégal

Association Sénégalaise pour le Développement Equitable et Solidaire (ASDES)

Association pour la Promotion de la Femme Sénégalaise (APROFES)

Intersyndicale des Femmes de l’UCAD

Syndicat National des Travailleurs de la Poste (SNTP/POSTE)

Réseau Siggil Jigeen

Réseau Citoyenneté Démocratie et Droits Humains RECIDDHUP

Collectif pour la Défense de la Famille (COFDEF)

RESEAU GENRE CONGAD

Observatoire pour les Relations de Genre (ORGENS)

Programme des Femmes en Milieu Urbain (PROFEMU)

Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC)