Mondial: Pour revendiquer la création d'un tribunal international contre le terrorisme

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Algerie Ensemble
Appel des libéraux arabes au Conseil de sécurité et au Secrétaire général des Nations Unies.
Les auteurs de ce manifeste invitent les penseurs, écrivains et intellectuels Arabes, tant dans les pays arabes qu'à l'étranger, souhaitant signer ce manifeste, à adresser leurs noms et adresses à : Jmhashim@hotmail.com
Monsieur le Président, Messieurs les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies,

Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,

Nous avons l'honneur de porter à votre connaissance ce qui suit :

En octobre 2004, le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité la résolution 1566, relative aux risques que constitue le terrorisme pour la paix et pour la sécurité internationales. Résolution qui affirme la nécessité de faire face au terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations et ce par tous les moyens conformément à la charte des Nations Unies et aux principes du droit international. Dans son préambule, la résolution exprime son inquiétude face à l'accroissement du nombre des victimes des actes terroristes, y compris parmi les enfants, victimes du fanatisme et de l'extrémisme dans les diverses régions du monde.

L'article 9 de la résolution citée stipule la création d'une équipe de travail composée de tous les membres du Conseil de sécurité afin de définir des recommandations à soumettre au Conseil. Recommandations relatives aux mesures à imposer aux personnes, aux groupes et aux organismes impliqués dans des activités terroristes ou qui y sont liés, y compris des mesures efficaces pour les traduire en justice, que ce soit en les jugeant ou en les extradant, pour geler leurs avoirs, pour l'interdiction de leurs déplacements dans les pays membres et pour leur interdire toute vente d'armes ou d'équipements.

La résolution 1566 est venue compléter une série de résolutions précédemment adoptées par le Conseil de sécurité depuis 1999 et notamment la résolution 1267 du 15 octobre 1999, la résolution 1373 du 28 septembre 2001 et la résolution 1540 du 28 avril 2004.

Nous intellectuels arabes, musulmans démocrates et pacifistes libéraux signataires de la présente pétition souhaiterions attirer votre attention, à l'heure où vous mettez au point les recommandations nécessaires pour l'exécution et la mise en application de la résolution 1566, sur une source gravissime du terrorisme : les fatwas incitant aux crimes terroristes qui continuent à émaner de certains religieux fanatiques. Il ne suffit pas d'adopter des résolutions condamnant le terrorisme ; il serait de bon aloi que les Nations Unies instituent un tribunal international pour juger les terroristes et les prédicateurs du terrorisme qui leur fournissent des fatwas religieuses les incitant dans leurs actes. Ces fatwas jouent un rôle essentiel dans le dégagement du sadisme terroriste et de l'instinct de mort de toute retenue éthique et dans le tarissem! ent de la conscience morale et du sain sentiment de culpabilité.

Par l'effet de telles fatwas, les terroristes sont tous morts ou mourront la conscience tranquille et les convictions inébranlables parce que, le jour même de leur mort, ils iront au paradis comme le leur enseignent ces fatwas. Bien entendu, il n'est pas question de réduire le terrorisme à ces fatwas le justifiant. Ce phénomène a diverses causes comme l'explosion démographique avec ce qu'elle entraîne : l'analphabétisme, la misère, le chômage, le despotisme politique, le sous-développement des programmes scolaires, l'obscurantisme de l'enseignement religieux etc.Š mais certaines fatwas jouent un rôle direct et essentiel dans l'incitation au terrorisme. Certaines confèrent au terrorisme une légitimité religieuse qui fait d'un crime l'application d'une recommandation ou d'un précepte religieux.

En illustration de ces fatwas encourageant le terrorisme, nous vous soumettons les exemples suivants :

- Lorsque le juge Egyptien présidant le tribunal, cheikh Mohamed Ghazali, a demandé au membre dirigeant dans le groupe des Frères musulmans ce qu'il pensait de l'assassin de l'intellectuel laïque Egyptien Mohamed Fouda en 1992, il répondit : « Il a appliqué la sentence qui convient au renégat. Sentence que l'imam [l'Etat] a rechigné à exécuter ». Le terroriste assassin s'est alors écrié : « Maintenant je peux mourir la conscience tranquille ».

- Le cheikh Saoudien, Safar Ben Abderrahman Haouali, a considéré le drame du 11 septembre 2001 un simple « acte de réciprocité », c'est-à-dire la réponse à l'attaque de missiles de Clinton sur al Qaida le lendemain de l'explosion à l'ambassade américaine de Nairoubi. Il a émis une fatwa sur la légitimité des attentats contre le Pentagone et le World Trade Center. Il a déclaré que le Pentagone était le « nid du diable », « le repaire de l'espionnage » et le « nid de la mafia » et que le World Trade Center était le « centre de l'usure et du blanchiment de l'argent » ! (le journal Al Hayat du 13/2/2002).

- La fatwa émise par le cheikh saoudien Ali ben Khodair al Khadir innocentant les opérations d'al Qaida à New York et à Washington. Il déclara : « Se lamenter ou être triste pour leurs victimes [les Américains] prétendument innocentes est chose étonnante. Il ne peut s'agir que d'un des trois cas suivants : ce sont des Américains hérétiques dont il n'y a pas lieu de regretter la mort, car l'Américain hérétique est, de par sa relation avec son gouvernement, un combattant ou un appui par l'argent ou l'opinion ou le conseil comme le spécifient leur réalité et la nature de ! leur régime politique. Dieu fasse qu'ils disparaissent ! Il est permis de tuer ceux qui combattent parmi eux ainsi que ceux qui ne combattent pas comme les vieux, les aveugles et les non musulmans, avec l'unanimité des ulémas. » (journal al Hayat du 13/2/2002)

- La fatwa émise par cheikh Youssef Karadhawi autorisant de tuer les embryons juifs dans le ventre de leurs mères parce qu'une fois nés et devenus grands, ils deviendront des soldats de l'armée israélienne comme il a lancé, au syndicat des journalistes Egyptiens, une fatwa autorisant le meurtre de tous les Américains en Irak qu'ils soient des militaires ou des civils. Dans le journal Al Ahram Al Arabi du 3/7/2004, il a émis une fatwa légitimant des intellectuels musulmans libres penseurs (les renégats) prétendant que : « les juristes musulmans sont unanimes sur l'obligation de châtier le renégat, même s'ils ne sont pas d'accord sur la nature de cette punition. La majorité des juristes préconisent la peine de mort. C'est l'opinion des quatre et même des huit écoles juridiques ».

- La fatwa émise par le fondamentaliste Tunisien Rached Ghanouchi légitimant le meurtre de civils israéliens parce que, selon lui : « Il n'y a pas de civils israéliens. Tous les habitants, hommes, femmes et enfants, sont des soldats de réserve, des combattants qu'il est permis de tuer. » Ghanouchi ajoute : « Les juristes sunnites interdisaient jadis le meurtre des souverains musulmans parce que à l'époque ils étaient des nôtres. Or, aujourd'hui, ceux qui nous gouvernent sont des pions du colonialisme et ne sont en rien des nôtres d'où l'obligation de les tuer tous. » Ghanouchi a émis dans son livre! Les libertés publiques dans l'Etat islamiste (Beyrouth 1993) une fatwa autorisant le meurtre de tous les souverains arabes sans exception. Il présente à ce propos un exemple concret : l'assassinat de l'ex-président Egyptien, Anouar Sadate faisant ainsi d'un crime terroriste tel le meurtre du président Sadate un précédent juridique faisant jurisprudence.

Etant donné la difficulté et même l'impossibilité de juger les juristes du terrorisme et leurs acolytes dans le monde arabe et dans le monde musulman dans les journaux, les télévisions et les sites Internet desquels ils publient facilement leurs fatwas comme s'il s'agissait d'un acte de piété.

Etant donné que les fatwas de certains religieux fanatiques contribuent, de par leur fanatisme et leur extrémisme religieux, à l'acte terroriste.

Etant donné l'urgence de la lutte contre les actes terroristes.

Nous, signataires de la présente lettre, demandons au Conseil de sécurité et à l'équipe constituée en vertu de l'article 9 de la résolution du Conseil de sécurité, la constitution rapide d'un Tribunal international spécialisé dans le jugement des terroristes qu'il s'agisse d'individus, de groupes, d'organisations ou de personnes encourageant le terrorisme en promulguant des fatwas qui, au nom de la religion, y incitent.

Avec l'expression de nos sentiments, les meilleurs.

Les signataires, dans l'ordre alphabétique :

Dr Abderrazak Aïd, intellectuel. Syrie.
Malek Moussalamani, historien. Syrie.
Pierre Aquel
Tarek Haji. Egypte.
Omaima Abdul-Ghaffar. Arabie Saoudite.