France: La campagne choc de Ni putes ni soumises

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Le Monde
Un bébé dans les bras de sa maman ; mais cet univers de douceur bascule soudain dans la violence : le bébé crache et atteint sa mère à l'oeil.
Ce spot, qui se termine par le slogan : "Ce qu'on ne fait pas à sa mère, on ne le fait pas aux femmes", est l'un des trois conçus par l'agence BETC Euro RSCG. Il accompagne le lancement du Guide du respect, édité par l'association Ni putes ni soumises.
"Il nous fallait parler au cœur et à la raison. La seule chose qui nous soit apparue valable était d'évoquer le respect de la mère, pour faire comprendre la notion même de respect", explique Véronique de Surmont, qui a travaillé sur cette campagne. Les deux autres spots mettent en scène la revendication de la féminité et la défense de la mixité.

Ce thème de la mixité et de l'égalité des sexes a été repris dans la campagne d'affichage, déclinée en deux visuels. Sur la premier, on voit la photo d'un petit garçon et la phrase : "Quand un petit garçon grandit, il devient un homme." Le second visuel lui répond en écho, avec le visage d'une petite fille : "Quand une petite fille grandit, elle devient une femme, pas une pute."

Mercedes Erra, présidente de BETC Euro RSCG, justifie l'utilisation du terme "pute" sur l'affiche : "Sans faire d'alarmisme, il faut être juste et ne pas hésiter à employer ce mot", dit-elle. La campagne d'affichage est diffusée gracieusement sur les réseaux des gares SNCF de banlieue. Canal+ a, de son côté, donné son accord pour mettre à l'antenne les spots.

Cette campagne, la première du genre pour l'association créée il y a deux ans, soutient la diffusion d'un guide d'éducation au respect tiré à 100 000 exemplaires. Ce "passeport" évoque la violence, le poids des traditions et la sexualité, sous la forme de témoignages mais aussi par le biais d'informations pratiques comme par exemple la publication d'extraits de textes de loi. La réalisation de ce guide destiné aux adolescents, filles et garçons, a bénéficié d'une aide de 40 000 euros venue des services du premier ministre et d'une subvention du ministère de la parité (20 000 euros).

"Ce mouvement nous tient à cœur, affirme Mme Erra. Ce combat est nécessaire aujourd'hui, il y a un enjeu d'exemplarité en France. Il faut se battre pour que l'égalité soit respectée."

Laurence Girard, jeudi 31 Mars 2005