Turquie: La Commission européenne intervient en faveur des islamistes en Turquie

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AFP
La Commission européenne a appelé lundi à laisser la Cour constitutionnelle en Turquie statuer sans ingérence de l'armée sur la validité du premier tour des élections présidentielles turques.
"L'Union européenne attache une grande importance à la laïcité démocratique. De ce point de vue, il est particulièrement important que la Cour constitutionnelle puisse agir en toute indépendance", a déclaré le porte-parole de la Commission, Johannes Laitenberger.
"La démocratie devrait relever des institutions démocratiques en Turquie conformément à l'Etat de droit défini par la Constitution turque", a-t-il ajouté, rappelant que la Commission et la présidence allemande de l'UE s'étaient déjà exprimés dans le même sens ce week-end.

Le porte-parole de la Commission a par ailleurs refusé de commenter aussi bien la baisse de la bourse turque que le fait que certains des manifestants ayant participé dimanche à un grand rassemblement des partisans de la laïcité aient scandé des slogans anti-UE.

La Cour constitutionnelle turque devrait se prononcer mardi ou mercredi sur le recours en invalidation déposé par le principal parti d'opposition parlementaire. Le Parti républicain du peuple (CHP, social démocrate) estime que le nécessaire quorum des deux tiers n'a pas été atteint lors du premier tour de scrutin présidentiel au parlement turc vendredi.

Dimanche, un million de personnes ont manifesté pour défendre les fondements laïques de la République à Istanbul, après un premier rassemblement de 1,5 million de personnes, le 14 avril à Ankara.

Vendredi soir, dans un communiqué, l'armée avait accusé en termes très durs le gouvernement issu de la mouvance islamiste de ne pas défendre les principes laïques et rappelé qu'elle était prête à le faire elle-même.

Unique candidat à la présidence turque, le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül est, comme de nombreux membres du parti au pouvoir de la Justice et du Développement (AKP), un ancien islamiste. Mais il se définit aujourd'hui comme un "démocrate conservateur" ayant renié ses positions passées.

30 avril 2007