Italie: L’Italie doit affronter l’islamisme et la xénophobie

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24heures
Les actes violents visant des musulmans se sont multipliés ces derniers mois en Italie. Par ailleurs, certains membres de la communauté se sont radicalisés.
Deux cocktails Molotov et une bombe artisanale lancés dans la nuit de vendredi contre un centre culturel musulman à Brescia. La voiture d’un imam incendiée la semaine dernière devant une mosquée à Milan. Depuis quelques mois, les actes de violence contre la communauté musulmane se sont multipliés, notamment dans le nord de la péninsule, où le parti xénophobe et populiste de la Ligue du Nord mène une sombre croisade contre les immigrés. Et tandis que les dirigeants de la communauté musulmane parlent de vague d’islamophobie, les Italiens découvrent le drame des musulmanes soumises à la loi du Coran «façon maison».
Faux religieux

Le fait est que, de l’autre coté des Alpes, les imams s’improvisent. Bien souvent, les bouchers de viande halal ou les épiciers arabes font double emploi et deviennent prédicateurs le vendredi. Sans avoir suivi de formation religieuse et dotés d’un bagage culturel approximatif, ces faux religieux sont incapables ou ne veulent pas combattre le phénomène de la Charia à domicile.

«Les femmes musulmanes vivent dans la terreur!», s’est écriée Souad Sbai la semaine dernière. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Intérieur Giuliano Amato, la présidente de la Confédération des Marocains en Italie dénonce la condition de ses «sœurs». «Lorsqu’elles arrivent en Italie, leurs maris ou leurs pères leur prennent leurs papiers d’identité et ne renouvellent jamais leurs cartes de séjour. Elles deviennent des clandestines et doivent se soumettre à la loi des mariages arrangés», écrit Saouad Sbai.

A l’origine de la lettre de Saouad Sbai, l’acquittement des parents de Fatima, une jeune marocaine battue, enfermée et enchaînée par sa famille. Ses parents, qui lui reprochaient un comportement «lascif et de mauvaises fréquentations», l’ont enfermée et enchaînée pour l’empêcher de sortir. Ils affirment avoir agi pour le bien de leur fille et ont été acquittés. Condamnée en première instance pour «séquestration et mauvais traitements» par le Tribunal de Bologne, la famille a fait appel et a gagné.

La semaine dernière, la Cour de cassation a confirmé l’acquittement. «Aucun délit n’a été constaté car, au cours des débats, il est apparu avec certitude que la jeune fille était terrorisée face aux possibles réactions de ses parents. Elle ne s’était pas rendue à son travail préférant retrouver un homme et avait en conséquence menacé de se suicider. C’est en bonne foi que ses parents l’ont enfermée pour la protéger et l’empêcher de s’automutiler», ont estimé les juges.

Poignardée pour des jeans

L’histoire de Fatima n’est pas un cas isolé. Durant les cinq dernières années, plusieurs affaires souvent plus dramatiques ont fait la une de la presse. Comme celle de Kubira, poignardée par son mari en 2002 parce qu’elle préférait porter des jeans serrés au lieu du voile. Ou de Maha, battue à mort par sa famille parce qu’elle refusait de demander la permission de son père avant de sortir. Sans parler du suicide de Khaur, qui ne voulait pas d’un mariage arrangé. Et de Hina, la jeune pakistanaise égorgée l’an dernier par son père, son oncle et son frère qui l’ont ensuite enterrée dans leur jardin après lui avoir tendu un guet-apens. Sa faute? Avoir quitté sa famille pour vivre avec un jeune Italien. Le jugement sera prononcé le 13 novembre prochain.

Par: Ariel F. Dumontrome

Source: www.24heures.ch

20 août 2007