Nigeria: La méconnaissance de la charia mène à des abus (HRW)

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Islam-Pluriel / AFP
“Nous sommes inquiets de voir que de nombreux responsables, magistrats ou individus ont une compréhension simpliste de la charia qui néglige les droits fondamentaux d’un accusé tout comme les nombreux droits des femmes,” s’est alarmé le directeur de HRW.
Une mauvaise connaissance de la charia, la loi islamique en vigueur dans 12 Etats de la fédération nigériane, entraîne des violations des droits fondamentaux des femmes et des accusés, s’est inquiétée jeudi l’organisation de protection des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW).
“Nous sommes inquiets de voir que de nombreux responsables, magistrats ou individus ont une compréhension simpliste de la charia qui néglige les droits fondamentaux d’un accusé tout comme les nombreux droits des femmes,” s’est alarmé le directeur de HRW, Ken Roth, devant la presse.

“Si la charia est appliquée dans le nord (du Nigeria), il faut s’assurer (..) qu’il ne s’agisse pas d’une version simplifiée qui existe dans l’imaginaire de nombreux responsables et qui provoque de nombreuses injustices,” a poursuivi M. Roth au cours d’une conférence de presse à Abuja.

Exemple de ces abus: le mariage forcé de jeunes filles de 12 ou 13 ans pratiqué sous la charia ou le refus d’accorder la garde des enfants à des femmes répudiées ou divorcées, alors que ces droits existent en islam, selon HRW. “Nous faisons appel au gouvernement pour qu’il examine très prochainement la manière dont la charia est appliquée pour être certains qu’il n’y ait pas de discriminations contre les femmes et qu’elle ne viole par l’égalité des sexes garantie dans la Constitution nigériane,” a insisté le représentant de HRW, à l’issue d’une visite d’une semaine au Nigeria. Douze Etats du nord du Nigeria majoritairement musulmans ont introduit la charia en 2000 officiellement pour lutter contre la corruption endémique des hommes politiques et ce malgré l’opposition du gouvernement fédéral. Depuis, le nord se targue de maintenir une application clémente de la charia sans lapidations et avec peu d’amputations, mais de nombreux défenseurs des droits de l’Homme signalent des abus dans l’application de cette loi, notamment la censure d’oeuvres culturelles. Le 3 octobre, un tribunal islamique du Nigeria a interdit une pièce satirique écrite par un défenseur des droits de l’Homme qui ironisait sur l’application de la charia.

19 octobre 2007