Maghréb: Une étude sur les recrues d’Al Qaida en Irak souligne la forte présence de jeunes Maghrébins

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Tunisia Watch
Le centre de lutte contre le terrorisme de l’académie militaire de West Point aux Etats Unis a publié une étude sur le profil des recrus d’Al Qaida en Irak: « Al Qaida’s Foreign Fighters in Iraq: A First Look at the Sinjar ».
Cette étude publié en début de ce mois a passé au crible quelque 600 fiches de recrues d’Al Qaida saisies en Irak lors d’une opération de l’armée américaine. Les indications qu’il vient de publier permettent de mieux cerner le profil de ces jeunes arabes qui décident de s’engager au sein du réseau salafiste, souvent avec l’ambition de mourir en « martyr ».
Les 606 fiches examinées sont celles de jeunes gens dont la moyenne d’âge est de 24 ans, arrivés en Irak, généralement via la Syrie, entre août 2006 et août 2007.

244 des 595 jeunes dont la nationalité figure sur la fiche sont de jeunes saoudiens formant ainsi le plus grand contingent avec 41 % des recrus. La moitié de ces jeunes gens s’inscrivent comme « combattant », l’autre comme « kamikaze » ou « martyr », sans qu’il soit possible de dire s’ils expriment un vœu ou si cette indication correspond à une sélection effectuée en amont.

Le plus surprenante est que ce sont les Maghrébins constituent, ensemble, le second bataillon le plus important après les Saoudiens. On trouve 19 % de Libyens, 7 % d’Algériens et 6 % de Marocains et 5% de Tunisiens. (Voir Tableau). Les Libyens et les Marocains ont la particularité de s’inscrire dans leur presque totalité comme « kamikaze » ou « martyr ». Pour le tunisiens 10 sur les 24 recensés se sont inscrit en « kamikaze » ou « martyr ».

Si l’on classe le nombre de recrues par rapport à la population des pays d’origine – le nombre de combattants par tête d’habitant- la Libye arrive en tête, suivie de l’Arabie Saoudite et la Tunisie occupe la troisième place dans ce triste classement. Deux autres pays fournissent des contingents relativement importants : la Syrie et le Yémen avec chacun 8 % des recrues.

En outre 42,6 % des 157 recrues qui indiquent une profession sur leur fiche affirment être des étudiants. "Les universités sont devenues un secteur de recrutement capital pour Al Qaïda", lit-on dans l'étude. Pour le reste, on trouve de tout, y compris 5 professeurs, 3 médecins, 5 ingénieurs et un … masseur. La forte proportion d’étudiants montre qu’il ne s’agit pas, ou pas seulement, de jeunes paumés recrutés dans des bidonvilles. Elle indique que certaines universités, notamment saoudiennes, constituent des terreaux favorables, ou des terrains de propagande.

par: Mokhtar Yahyaoui

26 décembre 2007