Bahreïn: Jugement à huis clos d’un religieux impliqué dans une « affaire de mœurs »

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Mediarabe / Elaph
La justice du Bahreïn, qui devait juger à partir de ce mardi 29 janvier un religieux de renom, pourrait reporter le procès au 10 février.
Le statut social et religieux ainsi que l’impact du procès sur la stabilité du pays exigent des autorités la plus grande prudence, et favorisent un procès à huis clos.
Et pour cause, l’ouléma chiite, connu pour sa « grande religiosité » pour avoir fait ses études dans les prestigieuses écoles religieuses iraniennes, avait été arrêté en compagnie d’une jeune fille d’origine africaine, sur une plage isolée. Lors de son arrestation, l’ouléma a présenté sa compagne comme étant son épouse pour justifier sa présence dans sa voiture, dans une situation « très compromettante ». Les policiers ont vite identifié la jeune fille et conclu qu’il s’agissait d’une relation extraconjugale. Les deux aventuriers ont fini par reconnaître le caractère volage de leur relation. Mais l’affaire a eu l’effet d’une bombe dans une population conservatrice où le religieux bénéficie d’un grand respect, et où son rôle est de « promouvoir la vertu et de combattre le vice ».

Outre la contradiction entre le rôle religieux théorique de l’ouléma et son comportement effectif, la délicatesse de l’affaire réside dans le fait que l’homme appartient à la communauté chiite. Ce qui relance le débat entre les adeptes du mariage de jouissance, toléré par les Chiites, et les autres. Aussi, après son arrestation, plusieurs oulémas se sont mobilisés et sont intervenus auprès des autorités pour obtenir sa libération, pensant qu’il s’agissait d’une affaire politique, l’homme étant connu pour avoir conduit plusieurs manifestations chiites de protestation contre le pouvoir minoritaire sunnite. L’auteur de ce scandale a finalement été remis en liberté, après le versement d’une caution, en attendant son jugement à huis clos. Mais depuis l’éclatement de ce scandale dans la presse, il y a deux jours, la population réclame un procès et des sanctions exemplaires et dissuasives à son encontre.

De sources bahreïnies citées par « elaph.com » estiment que l’affaire est d’autant plus scandaleuse que l’ouléma en question avait porté plainte contre un journal libéral en 2005, avait conduit une manifestation demandant la fermeture du quotidien « Al Ayyam » pour avoir publié une caricature jugée d’hostile à l’islam, et avait même menacé de mort le rédacteur en chef du quotidien, Issa Al-Chaïji.

Au vu de la délicatesse de cette affaire, aux dimensions religieuses, sociales et politiques, les autorités militent pour un procès à huis clos, alors que la population demande un procès public. Celui-ci pourrait être reporté au 10 février.

Par: Randa Al Fayçal

29 janvier 2008

Traduction et synthèse de Randa Al Fayçal

Lire l'article original: Elaph.com