Mondiale: Fatimata Mbaye, avocate mauritanienne accuse la police française de l'avoir « dénudée »

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Ouestaf News
L'avocate mauritanienne Fatimata Mbaye a publiquement accusé la police française de l'avoir «dénudée» et de lui avoir fait subir d'autres traitements «humiliants» et «dégradants» lors d'une interpellation à l'aéroport Roissy-Charles De Gaulle de Paris.
« J'ai été fouillée au corps », a déclaré sur les ondes de Radio France Internationale l'avocate, par ailleurs militante des droits de l'homme dans son pays.
Affirmant n'avoir « jamais réllement su ce que fouiller au corps voulait dire » en dépit de sa longue carrière d'avocate, et ce jusqu' à ce jour du 11 mars où elle a été interpellée par la police française qui l'a « complètement déshabillée », elle a exprimé sa colère et son indignation sur les ondes de RFI le 27 mars à la faveur d'une émission interactive. Selon l'avocate, qui est aussi vice-présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), ce traitement dégradant et humiliant faisait suite à une affaire de « reconduite à la frontière », le terme pudique utilisée par les officiels français pour les expulsions forcés d'immigrés africains du territoire français.

Mme Mbaye affirme avoir été interpellée parce qu'elle s'est indignée, en même temps que d'autres passagers d'un vol Air France, des conditions inhumaines dans lesquelles un ressortissant mauritanien en cours d'expulsion était placé dans l'avion.

Depuis qu'elle a fait ce témoignage l'affaire, vieille déjà de deux semaines, commence à faire grand bruit dans les milieux des défenseurs de droits de l'homme.

Dans un communiqué daté de Lyon et transmis à Ouestafnews, la section « Diaspora » de la Rencontre Africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho) a exprimé dans la soirée du jeudi 27 mars « sa profonde indignation face aux actes ignobles qui tendent à humilier et portent une atteinte grave à son intimité et à sa dignité ».

La Raddho invite par ailleurs « l'Union africaine et les gouvernements et leaders africains à se saisir immédiatement de la question des migrations et à être plus sourcilleux sur la sécurité de leurs ressortissants expatriés ».

Dans un autre témoignage publié dans le magazine panafricain basé à Paris, Jeune Afrique daté du 16 au 22 mars, le journaliste François Soudan rapporte une scène similaire à celle racontée par Fatimata Mbaye.

L'article intitulé Vol AF 896 (à destination de Brazzaville) raconte le calvaire d'un des ces « expulsés », un jeune congolais d'une trentaine d'années installé au fond de la cabine « jambes et poignets sanglés, un masque noué sur la bouche » et qui criait « au secours! je vais mourir !»

28 Mars 2008

Source: Ouestaf News