Kurdistan: Stop aux meurtres et lapidations de femmes au Kurdistan!

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ICAHK
Depuis le meurtre de Doa (Du'a) Khalil Aswad il y a un peu plus d'un an, il n'y a que peu de personnes qui peuvent ne pas être conscientes qu'au Kurdistan même les pierres sur le sol sont des preuves de la brutalité contre les femmes.
Sous les gouvernements kurde et irakien, le pouvoir est laissé aux tribus, avec leur culture barbare des «crimes d'honneur », malgré l'attention internationale sur ces actes constants et répétés de terrorisme contre les femmes.
Au Kurdistan, peu nombreux sont ceux qui sont condamnés pour avoir assassiné une femme, ou pour avoir aidé ou encouragé le meurtre d'une femme. Des dizaines de filles et de femmes sont assassinées chaque mois parce que le gouvernement kurde et les politiciens au pouvoir n'ont que faire de la vie et de la mort des filles et des femmes, qu'ils perpétuent la culture des « crimes d'honneur » et ne protègent pas les membres les plus vulnérables de la société.

En ce qui concerne le dernier meurtre, ou plutôt le dernier meurtre connu par le public, Kurdistan Aziz avait 16 lorsqu'elle se sauva de sa famille avec un homme dont elle savait que sa famille ne voulait pas, et, courageusement, suivant l'ancienne tradition de radu kauten, le couple prit la fuite pour Erbil, la capitale de la région kurde d'Irak. Ils voulaient y commencer une vie ensemble. Mais son père avait d'autres projets pour elle, pas d'amour, de bonheur ou de libre choix, mais qu'elle devait mourir pour sa rébellion contre l'ordre patriarcal.

La fille avait tout à fait conscience du risque, si bien qu'elle demanda l'aide de la police dans la ville contrôlé par le PDK (Parti Démocratique du Kurdistan) et qui la dirigea vers le Département pour la Fin des Violences Domestiques. Ce département, censé protéger des filles comme Kurdistan, ont montré eux-mêmes leur corruption en acceptant un pot de vin de la part de son père à qui ils ont livré la jeune fille en connaissant les conséquences de cet acte. Aucun kurde ne peut affirmer qu'il ne connaît pas les dangers qu'encoure une jeune femme renvoyée à son père dans une telle situation, et en particulier pas un professionnel d'un département de cette nature. Celui qui a accepté le pot de vin est complice du meurtre, puisque les crimes « d'honneur » sont bien des meurtres organisés.

Kurdistan Aziz a été ramenée à sa famille qui a décidé de la tuer par lapidation dans les montagnes d'Hawre. Une organisation de femmes locale a alerté les autorités du gouvernorat de Sulaymaniya, contrôlé par l'UPK (Union Patriotique du Kurdistan). L'UPK refusa d'intervenir dans « une affaire tribale » mais demanda aux militantes de l'organisation de femmes de prendre elles-mêmes des risques pour prendre des photos du crime. Le 17 ou 18 mai, Kurdistan Aziz, âgée de 16 ans, la fille qui tomba amoureuse, a été assassinée par les membres de sa famille, son corps meurtri par les pierres.

La mort de Kurdistan Aziz est une conséquence de cette idée brutale et commune que la mort est nécessaire pour rétablir « l'honneur » d'une communauté suite à la « honte » supposée qu'amèneraient les filles et les femmes qui osent mener leurs propres vies et leurs décisions : mais il n'y a aucune honte dans l'amour et le courage de Kurdistan Aziz. La honte est dans le cœur et la tête des politiciens, des hommes payés pour protéger les femmes et qui en réalité les vendent en acceptant des pots de vin tout en sachant ce qui allait se passer. La honte est dans le cœur des hommes qui ont tué une enfant en la lapidant, parce qu'elle voulait aimer et être aimée selon son propre choix, et parce que son père voulait protéger sa réputation d'homme qui considère les femmes comme sa propriété.

La honte est sur les meurtriers qui assassinent des femmes au nom de leur perception déformée et dégradée de l'honneur.

Nous demandons :

- La police nationale doit agir immédiatement pour arrêter le père de Kurdistan Aziz et tous les membres de la famille et les inculper pour meurtre.

- La police nationale doit enquêter sur le Département pour la Fin des Violences Domestiques et trouver l'individu responsable d'avoir accepté le pot de vin et l'inculper pour complicité de meurtre.

- Une enquête doit être menée à l'encontre de tous les employés du Département pour la Fin des Violences Domestiques, tous ceux qui avaient connaissance de la corruption doivent être exclus du service et ne plus à l'avenir avoir de postes dans le service public. Les femmes ne peuvent pas faire confiance dans une organisation qui, comme cela a été prouvé, accepte la corruption et il faut y mettre un terme.

- Aucun fonctionnaire public ne doit accepter la promesse d'un père ou d'un autre membre de la communauté qu'une personne qui leur est renvoyée ne sera pas menacée. Ces promesses n'assurent aucune protection aux victimes potentielles qui en aucun cas de doivent être remises à qui que ce soit.

- L'UPK à Sulaymaniya s'est montrée particulièrement négligente. Celui qui a pris la décision d'ignorer la lapidation est indigne de travailler dans un service public et doit être exclu et poursuivi.

- Tous les membres du Département doivent être formés et conscients de leurs responsabilités et des conséquences lorsqu'ils trahissent la confiance d'une femme vulnérable.

- Les fonctionnaires ne doivent en aucun cas livré une fille ou une femme vulnérable à un parent ou à un responsable de la communauté même si cette personne assure qu'aucun mal ne lui sera fait. Ces promesses n'offrent aucune protection. Par contre il faut montrer qu'aucune protection ne sera assurée par les services aux fonctionnaires corrompus et complices.

- Une enquête complète doit être faite pour analyser les failles et lacunes du système de protection et voir comment l'améliorer, ce qui doit inclure d'importantes répercussions professionnelles et criminelles à l'encontre de tous ceux qui dans la vie publique ignorent ou trahissent des femmes menacées de violences.

- Une campagne de sensibilisation doit être organisée par les médias.

Merci de soutenir notre campagne : nous vous demandons d'écrire ou de faxer des courriers au Gouvernement Régional Kurde (GRK) pour montrer vos préoccupations concernant le meurtre de Kurdistan Aziz et pour soutenir nos revendications.

Gouvernement Régional Kurde à Erbil :
Tel : 873-156-2753
Fax: 001-651-846-6051
Email: Mhacerbil@aol.com

Représentation du GRK aux Etats-Unis :
Bureau :202 776 7196
Fax : 202 887 9168
Email : KRG4USA@aol.com
Kurdistan Regional Government-Erbil
USA Representation
1050 Seventeenth Street, NW, Suite 600
Washington, DC 20036, USA

Représentation du GRK au Royaume Uni :
Tel : 020-7828-8616
Fax: 020-7828-8526
Email: krguk@aol.com
7 Belgrave Road
London SW1V 1QB, UK

Mission du GRK auprès de l'Union Européenne :
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Fax: +32-2-513 36 79
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rue le la Loi 221
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P.O. Box 150 101
D-10633 Berlin, Allemagne

Bureau du GRK à l'ONU et pour les ONG :
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représentation du GRK en France :
Tel : +33 1 42 65 18 45
Fax: +33 1 42 65 18 46
Email: krgfrance@wanadoo.fr

Vous pouvez aussi envoyer des e-mails depuis ce lien :
http://www.krg.org/contact.asp?lngnr=12&smap=01000000
Vous pouvez aussi envoyer des copies de vos courriers à l'UPK (http://www.puk.org/web/htm/contact.html ) et au PDK : party@kdp.se

--Diana Nammi
Directrice d'IKWRO (Iranian and Kurdish Women's Rights Organisation) et fondatrice d'ICAHK (International Campaign Against Honour Killings).