ONU: L'ONU exige la fin des violences sexuelles dans les conflits armés

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AFP
Le Conseil de sécurité de l'ONU a exigé jeudi la fin des violences sexuelles contre les civils dans les conflits armés, pratique très répandue dans les zones de guerre à travers le monde.
Il a formulé cette exigence dans sa résolution 1820, adoptée à l'unanimité à l'issue d'un débat sur "les femmes, la paix et la sécurité" présidé par la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, les Etats-Unis assumant en juin la présidence tournante du Conseil.
La résolution "exige de toutes les parties à des conflits armés qu'elles mettent immédiatement et totalement fin à tous actes de violence sexuelle contre des civils".

Le Conseil exige des mêmes parties qu'elles "prennent immédiatement les mesures voulues" pour protéger les civils, femmes et filles en particulier, contre toute forme de violence sexuelle, notamment en usant de sanctions disciplinaires militaires.

Menaçant indirectement de traduire les suspects devant la Cour pénale internationale (CPI), le texte rappelle que "le viol et d'autres formes de violence sexuelle peuvent constituer un crime de guerre, un crime contre l'humanité ou un élément constitutif du crime de génocide".

"Le viol est un crime qui ne peut être excusé en aucun cas et pourtant dans les situations de conflit à travers le monde, les femmes et les filles subissent des actes de violence sexuelle généralisés et délibérés", a dénoncé Mme Rice dans son discours.

Elle a déploré la situation tragique des femmes en République démocratique du Congo (RDC), notamment dans les Kivu (est), ainsi que dans la province du Darfour au Soudan, où les violences sexuelles sont monnaie courante.

Mme Rice a saisi l'occasion pour critiquer la Birmanie où, a-t-elle affirmé, "des soldats ont régulièrement violé des femmes et des filles âgées parfois de pas plus de huit ans".

"La résolution d'aujourd'hui établit un mécanisme permettant de mettre en lumière" ce genre d'"atrocités", s'est-elle félicitée.

Le texte demande au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, de préparer un plan d'action pour recueillir des informations sur le recours aux violences sexuelles dans les conflits armés et les faire remonter jusqu'au Conseil.

L'adoption de la résolution a été immédiatement saluée par l'organisation new-yorkaise de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW), comme "un acte historique de la part d'un organe qui a trop souvent ignoré le sort des femmes et des filles dans les conflits".

HRW "applaudit le Conseil pour avoir défini dans la résolution une méthode claire en vue d'une collecte systématique d'informations sur les violences sexuelles", a déclaré l'ONG dans un communiqué.

Le recours à ces violences, parfois utilisées comme arme de guerre, a été dénoncé unanimement lors du débat par des ministres et diplomates du monde entier.

M. Ban a pour sa part déploré que "les violences contre les femmes aient atteint des proportions pandémiques inouïes dans certaines sociétés qui tentent de se reconstruire après un conflit".

Appelant à "une prise de responsabilité au niveau national" pour faire face au fléau, le chef de l'ONU a estimé que ce problème devait être considéré "dans le contexte plus vaste de l'autonomisation des femmes".

"Nous devons faire beaucoup plus pour les impliquer dans la prévention des conflits, les négociations de paix et la reconstruction une fois que les armes se sont tues", a-t-il affirmé.

Déplorant que "la guerre des hommes, trop souvent, a été aussi le récit des violences à l'encontre des femmes", la secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme, Rama Yade, a insisté sur la nécessité d'une intensification de la lutte contre l'impunité.

Les auteurs des violences sexuelles doivent être systématiquement "recherchés et traduits devant les tribunaux", y compris devant la CPI, a-t-elle affirmé.

20 June 2008