Maroc: Une association marocaine incite les gens à faire enregistrer leurs contrats de mariage dans les zones rurales

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Magharebia
La pratique rurale des mariages non enregistrés pose depuis longtemps un problème au Maroc.
Aujourd'hui, armé de haut-parleurs sur les marchés, un groupe de femmes tente d'inciter les gens à se faire enregistrer avant la date limite fixée par le gouvernement.
Dans les régions rurales du Maroc, de nombreux mariages fondés exclusivement sur la lecture de la fatiha ne reposent sur aucun contrat civil ni document officiel. Les enfants nés de ces unions ne sont pas enregistrés à l'état civil. Il y a quatre ans, le Maroc s'est engagé à changer cet état de fait avec le nouveau Code de la famille, qui a fixé à février 2009 la date limite d'enregistrement officiel des hommes et des femmes mariés. Début novembre, à trois mois à peine de l'échéance, l'Association Marocaine de Lutte contre la Violence envers les Femmes (AMVF) a monté dans l'urgence une vaste campagne visant la population rurale du royaume.

"Ce programme, qui est parrainé par le Fonds d'Intervention d'Urgence en Afrique, s'appuie sur des campagnes lancées dans de nombreuses régions rurales pour inciter les citoyens à faire enregistrer leurs contrats de mariage et à définir le statut de leurs enfants pour mieux les protéger et garantir leurs droits en matière de garde, de pension alimentaire et d'héritage", explique la présidente de l'AMVF, Karima Kassmi.

Le centre RAHMA, affilié à l'AMVF, a commencé à organiser des réunions ouvertes visant à expliquer l'importance de l'enregistrement des contrats de mariage.

Des spécialistes du droit et des travailleurs sociaux ont monté des tentes d'information à Souk Jamaa Akarta, à 60 kilomètres de la vallée de Safi, vendredi 14 novembre, et à Souk Sebt Gzoula, samedi 22 novembre. Plus de cinq cents citoyens ont participé à ces campagnes, durant lesquelles des bulletins contenant des informations sur les documents nécessaires pour prouver et faire enregistrer la relation matrimoniale ont été distribués. De plus, plusieurs exemplaires des formulaires à produire devant les tribunaux comme preuve du mariage ont été remis aux personnes présentes.

Mme Kassmi a regretté que cette campagne n'ait pas été lancée il y a des années.

"De nombreuses personnes habitant en milieu rural ne savent rien à ce sujet", explique-t-elle, soulignant que les problèmes sont nombreux lorsque les enfants issus de ces mariages sont eux-mêmes sur le point de se marier. "Ils ne possèdent pas les documents civils nécessaires, ce qui les dissuadent de se marier."

Ahmed el Hamdouni, volontaire de l'AMVF, a parlé à Magharebia d'un jeune homme de 26 ans dont les parents étaient séparés sans avoir un contrat de mariage ni aucun fichier d'état civil concernant leur fils. "Ce jeune homme souhaitait se marier, mais du fait qu'il ne possédait aucun document officiel, il n'a pas pu le faire. Dès qu'il a entendu parler de la campagne de l'AMVF à Souk Jamaa Akarta, il est venu avec ses parents et à demandé à l'AMVF d'intervenir pour régler ce problème."

L'association a rassemblé les pièces nécessaires pour tenter d'aider ce jeune homme à apporter la preuve de sa naissance, explique-t-il.

Une jeune femme a été surprise par ce qu'elle appris dans cette tente d'information. "Nous pensions que l'on allait nous parler de la violence faite aux femmes, mais cette visite a été très positive. Nous ne pensions pas qu'elle serait intéressante, mais elle a été très utile."

L'AMVF a choisi les jours de marché toujours très fréquentés pour présenter sa campagne ; les marchés ont permis à l'association de faire passer son message à un très grand nombre de personnes. Ses membres ont fourni des informations sur les documents nécessaires, puis ont dirigé les citoyens vers des responsables de l'état civil. Ces volontaires remettent gratuitement les documents au tribunal pour faciliter les procédures pour les habitants des villages les plus reculés.

Par Imane Belhaj pour Magharebia à Casablanca - 23/11/08