Tunisie: Campagne de diffamation contre la défenseuse des droits humains Sihem Bensedrine

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Front Line
Front Line est préoccupée par la campagne de diffamation engagée contre Mme Sihem Bensedrine, porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie – CNLT, et éditrice en chef du journal en ligne et radio Kalima.
Plusieurs journaux ont rapporté les accusations d’un ancien employé de Kalima contre Sihem Bensedrine. Il l’accuse d’opportunisme et d’avoir mal utilisé des fonds et il l’a décrite ainsi que d’autre éminents défenseurs des droits humains comme étant des « activistes radicaux », dans ce qui semble être une campagne de diffamation orchestrée.
Le 11 décembre 2008, l’agence de presse United Press International (UPI) a rapporté les accusations d’un journaliste ancien employé de Kalima, M. Sahbi Smara, contre Sihem Bensedrine. Sahbi Smara accuse Sihem Bensedrine d’opportunisme car elle aurait utilisé « ses plaintes pour harcèlement comme un moyen pour recevoir des fonds étrangers », et car elle aurait collecté plus d’un demi-million d’euros par an de la part de plusieurs sources étrangères « sous prétexte de promouvoir les droits humains et un média alternatif ».

Suite à la diffusion de ces accusations par United Press International, ces dernières ont été relayées par plusieurs journaux et organes de presse tunisiens, arabes et européens. Il semblerait que cette campagne dans les médias, qui traite Sihem Bensédrine et d’autres défenseurs des droits humains « d’activistes radicaux », ait été orchestrée par le gouvernement à travers l’Agence tunisienne pour la communication extérieure – ATCE. L’ATCE aurait fait pression sur M. Sahbi Smara afin qu’il porte ces accusations.

Front Line pense que cette campagne a été organisée à cause de la participation de Sihem Bensedrine en tant que témoin au procès de Khaled Ben Said, un ancien consul adjoint tunisien à Strasbourg. Le 15 décembre 2008, celui-ci a été condamné à huit ans de détention par la Cour de Strasbourg; il est accusé de torture. Front Line craint que cette campagne de diffamation contre Sihem Bensedrine ne fasse partie d’une campagne de harcèlement et d’attaques contre Kalima et le CNLT, afin de les discréditer et de les dissuader de poursuivre leurs activités en faveur des droits humains.

02 février 2009

Front Line via AWID