France: Une des jumelles marocaines de Clermont-Ferrand expulsée, sa soeur en fuite

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AFP et Libération

Une des soeurs jumelles marocaines menacées d'expulsion à Clermont-Ferrand a été renvoyée vers le Maroc jeudi matin, malgré la mobilisation de plusieurs associations et partis politiques, a annoncé le Réseau Education sans frontières. "Elle est partie à 09H00, elle était démolie, sa soeur lui manque", a raconté à l'AFP Rafael Maniez, membre de RESF.

"Nous avons trouvé quelqu'un sur place à Casablanca pour l'accueillir, mais la mobilisation continue pour qu'elle revienne", a-t-il ajouté, ajoutant s'être entretenu avec elle au téléphone peu avant son départ.

Salima et Salma Boulhazar étaient arrivées en France à l'âge de 13 ans à la mort de leurs grands-parents qui les avaient élevées au Maroc. Accueillies par leur tante à Clermont-Ferrand, elles étaient toutes les deux en contrat d'apprentissage.

En juillet 2009, la préfecture du Puy-de-Dôme leur avait délivré un refus de titre de séjour. Mi-janvier, des agents de la police aux frontières (PAF) ont arrêté Salima chez elle avant de la conduire au centre de rétention de Lyon. Sa soeur, absente à ce moment-là, vit depuis cachée.

RESF organise un rassemblement samedi à 14H00 devant la préfecture du Puy-de-Dôme à Clermont-Ferrand.

Outre RESF, les deux soeurs ont reçu le soutien du Grand Orient de France, de plusieurs associations (Ligue des droits de l'Homme, Cimade), partis politiques (PS, PCF, NPA, Parti de gauche) et syndicats (Sud, FSU, FCPE, Unef). Près de 250 personnes avaient manifesté à Clermont-Ferrand mardi pour protester contre l'epulsion de Salima.


02/02/2010

Salima et Salma, soeurs jumelles séparées par la menace d'une expulsion

Salima et Salma B. sont des sœurs jumelles. Elles habitent Clermont-Ferrand où elles préparent toutes les deux un CAP, en apprentissage: Salima en cuisine, Salma en service-restauration. Tout se passait pour le mieux.

Elles ont été recueillies à l’âge de 13 ans par leur tante. Leur grand-mère qui les élevait au Maroc venait de décéder. Leur tante est allée au Maroc pour obtenir la prise en charge officielle de ses nièces. C’est la Kafala, un concept juridique qui se substitue à l’adoption dans de nombreux pays musulmans. L’adoption y est interdite. Mais problème, en France, la Kafala n’est pas reconnue! Par conséquent, impossible pour les filles de régulariser leur situation en France!

Elles ont eu 18 ans en avril 2009. Le préfet avait opposé un refus de séjour à la demande de titre qui avait été faite par leur tante avant leur majorité. C’était en juillet. Depuis, plus aucune nouvelle de la préfecture.

Le 19 janvier, Salima était chez elle, pas Salma. Dépressive en anxieuse depuis le refus de séjour, cette dernière était hospitalisée dans un service ouvert pour adolescents.

Le 19 janvier, donc, en fin de journée, de violents coups sont frappés à la porte. S'en suit une irruption de cinq policiers, qui accordent juste à Salima le temps d’enfiler un pull et un jean avant de l’embarquer. On lui délivre un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (APRF). Quelques heures plus tard elle est conduite au centre de rétention de Lyon. Elle y est toujours. Salma a fui l’hôpital, elle s’est cachée.

Pour l’instant le préfet refuse de revenir sur sa décision malgré une forte mobilisation des associations, organisations politiques et syndicales du Puy de Dôme et du centre d’apprentissage où elles sont en formation. Pétitions, interventions directes des élus, arrêt des cours au centre d’apprentissage, conférence de presse, interventions au festival du Court Métrage…Rien y fait.

Son expulsion est prévue pour le jeudi 4 février. 

Salma, elle, est toujours cachée. Elles sont terrorisées l’une et l’autre et l’une pour l’autre. Toute la famille est à bout de nerfs. Nous aussi.

Un nouveau rassemblement est prévu ce soir mardi, et demain. On envoie des S.O.S un peu partout. On ne baisse pas les bras.

Marie Guillerminet, RESF 63

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Rédigé le 02/02/2010 à 16:28