Algérie: 28% des élèves des écoles coraniques ont subi des attouchements sexuels

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L’association Djazaïrouna

Attouchements sexuels sur des enfants Un véritable pavé dans la mare ! Près de 28% des élèves des écoles coraniques, dans la wilaya de Blida, sont victimes d’attouchements sexuels. C’est ce qu’a révélé une étude réalisée récemment par l’association Djazaïrouna. « Notre étude a concerné 431 écoles (tous paliers confondus et des écoles coraniques). L’enquête a confirmé que 28% des enfants, qui suivent des cours dans des écoles coraniques, dans la wilaya de Blida, ont subi des attouchements sexuels », a déclaré Zerarka Radhia, représentante de Djazaïrouna, lors d’une rencontre-débat sur le thème « La maltraitance des enfants », organisée, hier à Alger, par la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH).

 

L’organisation dénonce ainsi un tabou qui pèse lourdement sur la population juvénile. Il s’agit là d’un scandale qui risque de secouer tout le pays et qui nécessite l’intervention rapide des autorités pour mettre un terme à ce genre de pratiques et punir les responsables. Cette enquête, explique-t-elle, a été réalisée dans le cadre d’un projet visant à sensibiliser les parents et la société contre la maltraitance des enfants. « Les résultats de l’étude vont être rendus publics prochainement », explique-t-elle. Outre le chiffre sur les attouchements sexuels, l’étude en question relève également que 48% des élèves (dans différents établissements scolaires) ont été victimes de violence (des châtiments corporels ou autres). La situation de l’enfance en Algérie n’est pas reluisante. L’agression sexuelle contre des enfants existe aussi au niveau des familles. Les témoignages des représentants des associations présents à cette rencontre le confirment. Le président de Raison Nada, Arar Abderrahmane, évoque, en effet, un exemple plus édifiant.

Il s’agit d’un enfant à Alger, dont les parents sont divorcés. « La mère de l’enfant a eu le droit de garde. La justice a donné le droit de visite au père. Mais il s’est avéré que ce dernier pratiquait des attouchements sexuels sur son fils. Il l’a traumatisé. Au bout de quelques mois, l’enfant refusait même de voir son père », raconte-t-il. L’affaire a dû être traitée une nouvelle fois par la justice. « Le juge a eu heureusement le courage d’enlever le droit de visite au père et de demander une prise en charge psychologique de l’enfant », ajoute-t-il. La maltraitance des enfants prend des formes multiples. A la maison, dans la société ou à l’école le châtiment corporel de l’enfant rentre, selon les participants à cette rencontre, « dans le cadre d’une pratique traditionnelle ». « Une pratique qui vise à corriger les enfants. Mais c’est une très mauvaise idée qui risque d’engendrer des conséquences graves sur les enfants », souligne, Sihame Hammache, avocate et membre de la LADDH.

L’oratrice relève, dans ce sens, l’interdiction du châtiment des enfants par les lois nationale et internationale. « Les châtiments physiques et l’humiliation, même verbale, des enfants sont interdits. La déclaration universelle des droits de l’enfant qui a été ratifié par l’Algérie interdit ce genre de pratiques », précise-t-elle. En faisant ce constat, les intervenants (des psychologues, des enseignants et des représentants des associations) préconisent le lancement de campagnes de sensibilisation des adultes, à tous les niveaux, afin de mettre un terme à cette situation.

 

Par Madjid Makedhi