Indonésie: Femme est persécutée, frappée de «honte» parce qu'elle est tombée enceinte à la suite d'un viol

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Amnesty International

Rhaya, 19 ans, est une jeune femme issue d'une famille pauvre de Sumatra. Elle a arrêté l'école à 16 ans, ayant dans l'idée de chercher un emploi de domestique. Rhaya s'occupait de laver du linge pour différentes familles, tout en habitant chez sa sœur Enny. Enny est la quatrième épouse d'Abang Setia, avec lequel elle a un jeune enfant. Environ trois mois après s'être installée chez sa sœur, Rhaya a été violée par Abang Setia. Après l'avoir violée, il lui a enjoint de ne rien dire à personne et a menacé de la tuer si elle parlait. 

Trois jours plus tard, Rhaya est rentrée chez ses parents, gardant pour elle son terrible secret. Mais six mois plus tard, ne pouvant plus dissimuler sa grossesse, elle a tout raconté à ses parents et à sa sœur. 

Le père de Rhaya a signalé le viol à la police et Rhaya a reçu un certain soutien, notamment de la part d'organisations de la société civile. 

Cependant, lorsque des habitants du village de Rhaya ont appris qu'elle était tombée enceinte à la suite d'un viol, ils ont déclaré, en accord avec le chef du village, qu'ils ne pouvaient accepter sa condition. Être enceinte sans être mariée, ont-ils affirmé, amènerait la honte (« aib ») sur le village. 

Le père de Rhaya, désireux de protéger sa fille, a décidé de déménager et de réinstaller sa famille loin du village, afin que Rhaya se sente à l'abri de l'intimidation des villageois. Ayant fini par trouver un nouveau logement, la famille a attendu la naissance de l'enfant. Mais cette nouvelle habitation n'était pas confortable. Elle n'avait ni fenêtres, ni ventilation, et la famille devait dormir sur de vieilles caisses.

Trois mois après l'arrivée de la famille de Rhaya, les habitants du nouveau village ont appris que Rhaya était enceinte, mais n'était pas mariée, et que sa grossesse résultait d'un viol. Alors que les villageois accentuaient leur pression, le propriétaire a demandé à la famille de Rhaya de quitter les lieux. 

Très inquiets par la tournure que prenaient les événements lors même que la date de la naissance approchait, les parents de Rhaya ont commencé à chercher désespérément d'autres solutions. Fort heureusement, un représentant d'une association de la société civile a porté le cas de Rhaya à l'attention d'un centre de crise gouvernemental afin de l'aider à obtenir des soins médicaux gratuits dans l'hôpital général du secteur. 

Au départ, Rhaya ne disposait pas de carte d'identité locale puisqu'elle avait déménagé dans un nouveau village, ce qui posait problème. Mais finalement, elle a pu bénéficier des soins dont elle avait besoin et a donné naissance par césarienne à une petite fille en bonne santé. Sa fille a rapidement été adoptée. 

Rhaya tente désormais de reconstruire sa vie et étudie la proposition d'un nouvel emploi de domestique.

Le travail d'Amnesty International sur la santé en matière de sexualité et de procréation s'inscrit dans le cadre de sa campagne 
Exigeons la dignité, qui vise à mettre fin aux violations des droits humains qui génèrent et aggravent la pauvreté dans le monde. Cette campagne mobilise des sympathisants dans le monde entier pour demander que les gouvernements, les grandes entreprises et les détenteurs du pouvoir écoutent la voix de ceux qui vivent dans la pauvreté et reconnaissent leurs droits pour mieux les protéger.

4 novembre 2010