Tunisie: Des Islamistes menacent des athletes de JO

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Agence Presse

*Une «tenue dénudée et indécente»*

Première Tunisienne à monter sur le podium olympique, Habiba Ghribi a décroché l'argent sur 3000 m steeple. Elle a suscité la colère de radicaux qui se sont déclarés offensés par sa «tenue dénudée et indécente» et l'ont couverte d'insultes et d'invectives. Pour l'un d'eux, avec son short, ses cuisses et son ventre nus, Habiba Ghribi «fait honte à la femme tunisienne».

En revanche, un député Brahim Gassas a salué sa performance. «Avec son caleçon, elle a fait ce que vous tous avec vos culottes et pantalons n'êtes pas capables de réaliser», a-t-il lancé avec son franc-parler habituel aux détracteurs de l'athlète.

Loin d'être démoralisée, Habiba Ghribi se fixe quant à elle pour prochain objectif, de battre le record du monde et de remporter l'or aux prochains championnats du monde d'athlétisme l'an prochain en Russie.

Un fan lui suggère dans les colonnes du quotidien «Le Temps» de «courir en string la prochaine fois pour tuer quelques islamistes de jalousie.Vous rendez un grand service à notre Tunisie».

*Un jus de fruit mal vu*

Son compatriote Oussama Mellouli, qui a offert à la Tunisie deux médailles, l'une en or au marathon de natation et l'autre en bronze sur

1500 m, n'a pas été en reste. Il a été la cible d'attaques par des islamistes pour avoir bu du jus de fruit à la fin de son marathon aquatique, se faisant traiter par le groupe Ansar al-Chariaâ de «mécréant».

«Nous n'avons pas besoin de ta médaille qui nous a rendu la risée de la nation islamique. Tu nous fais honte et ta mort est désormais un devoir charaïque» (ndlr: relatif à la charia), écrit cette organisation extrémiste dans un communiqué sur Facebook.

*Future Constitution*

La campagne hostile à Habiba Ghribi coïncide avec les inquiétudes exprimées par des Tunisiennes avec l'adoption d'un projet d'article de la future Constitution consacrant «la complémentarité» de la femme «avec l'homme».

A l'occasion de la célébration du 56e anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel (CSP), qui a instauré l'égalité entre l'homme et la femme en accordant à cette dernière un statut le plus émancipé dans le monde arabo-musulman, plusieurs milliers de femmes ont manifesté lundi soir à Tunis.

«Ils veulent nous imposer un modèle de société wahhabite (saoudien) et nous faire revenir plusieurs siècles en arrière», s'est insurgé le cinéaste Néjib Ayad en allusion aux groupes extrémistes dits salafistes.

«C'est l'avenir de nos enfants qui est en jeu et nous ne reculerons pas désormais!» a lancé sur un ton résolu Essia Atrous, journaliste.