Senegal: L'excision au Sénégal - "un problème d'éducation"
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AFP Le problème des "mutilations génitales féminines, ce n'est pas de couper ou de coudre.
C'est un problème d'éducation, d'encadrement, d'exemples et de relais", s'insurge Marianne Sidibé Ndiaye, présidente du Comité sénégalais sur les pratiques traditionnelles ayant un effet sur la santé (COSEPRAT).
L'excision, tradition ancrée depuis plusieurs siècles chez certains peuples d'une trentaine de pays africains, perdure au Sénégal bien qu'elle y soit interdite depuis 1999.
Selon les chiffres officiels du "Plan d'action national pour l'abandon de la pratique des MGF", 20% de la population féminine est excisée, avec des taux atteignant 100% dans certaines zones du nord du pays.
Pour Marianne Sidibé Ndiaye, les raisons sont multiples: "L'application de la loi n'est pas assez rigoureuse. La population est complice et puis, quand on est dans un milieu où trois-quarts de la population est excisée, il faut avoir du courage pour dénoncer".
Si l'ignorance est souvent citée comme principale cause, les ONG et associations de lutte contre les MGF considèrent aussi que les solutions alternatives pour les exciseuses qui veulent "déposer le couteau" sont encore rares.
"Il y a tricherie quelque part", explique Mme Sidibé Ndiaye. "Quand vous dites à une exciseuse: +ne fait plus ce travail+, un travail qui lui donnait sa notoriété et la faisait vivre, et que vous ne lui donnez rien à faire en échange. Et bien en cas de besoin, elle retourne vers cette pratique".
C'est pourquoi le COSEPRAT a proposé à une quinzaine d'exciseuses de se reconvertir en accoucheuses traditionnelles dans des centres de santé.
Depuis juillet 1997, 1.271 communautés sénégalaises, sur plus de 5.000 pratiquant l'excision, ont troqué le couteau contre des solutions alternatives, selon l'ONG Tostan, spécialisée dans l'éducation aux droits humains.
Même si, malgré leur serment, quelques exciseuses ont repris leurs activités, le phénomène est marginal, grâce à un suivi dans chaque village, affirme Bilal Ndiaye, chargé de programmes de Tostan.
"Chaque communauté met en place un comité pour s'assurer qu'il n'y a pas de violation, et si c'est le cas, (les responsables) sont traduits en justice", affirme-t-il. Une exciseuse peut être passible de cinq ans d'emprisonnement.
Parmi les programmes de reconversion, Tostan propose aux femmes des micro-crédits et des moyens matériels, tels que des machines à coudre.
La question de la reconversion est récente, mais celle des femmes excisées n'est pas encore posée. "On les laisse avec leurs problèmes. Il faudrait qu'on se penche sur leurs cas, (...) qu'on les prenne en charge pour qu'elles retrouvent une vie normale", estime Mme Sidibé Ndiaye.
A l'Organisation mondiale de la santé (OMS), on "ne lutte pas contre les traditions, mais on aide la population à comprendre ce qui est positif et ce qui est négatif", explique le Dr Isseu Diop Touré, conseillère en santé de la reproduction à l'OMS.
Si le milieu rural réagit positivement aux campagnes de sensibilisation, "les centres urbains peuvent poser problème", note Bilal Ndiaye.
"Il n'y a pas de programmes, parce qu'on imagine que des villes comme Dakar ne sont pas concernées par cette pratique", explique-t-il. Or, dans les centres urbains, "les gens agissent comme s'ils étaient encore au village, et donc ce sont des poches où la pratique perdure", constate le Dr Diop Touré.
© Copyright AFP
Selon les chiffres officiels du "Plan d'action national pour l'abandon de la pratique des MGF", 20% de la population féminine est excisée, avec des taux atteignant 100% dans certaines zones du nord du pays.
Pour Marianne Sidibé Ndiaye, les raisons sont multiples: "L'application de la loi n'est pas assez rigoureuse. La population est complice et puis, quand on est dans un milieu où trois-quarts de la population est excisée, il faut avoir du courage pour dénoncer".
Si l'ignorance est souvent citée comme principale cause, les ONG et associations de lutte contre les MGF considèrent aussi que les solutions alternatives pour les exciseuses qui veulent "déposer le couteau" sont encore rares.
"Il y a tricherie quelque part", explique Mme Sidibé Ndiaye. "Quand vous dites à une exciseuse: +ne fait plus ce travail+, un travail qui lui donnait sa notoriété et la faisait vivre, et que vous ne lui donnez rien à faire en échange. Et bien en cas de besoin, elle retourne vers cette pratique".
C'est pourquoi le COSEPRAT a proposé à une quinzaine d'exciseuses de se reconvertir en accoucheuses traditionnelles dans des centres de santé.
Depuis juillet 1997, 1.271 communautés sénégalaises, sur plus de 5.000 pratiquant l'excision, ont troqué le couteau contre des solutions alternatives, selon l'ONG Tostan, spécialisée dans l'éducation aux droits humains.
Même si, malgré leur serment, quelques exciseuses ont repris leurs activités, le phénomène est marginal, grâce à un suivi dans chaque village, affirme Bilal Ndiaye, chargé de programmes de Tostan.
"Chaque communauté met en place un comité pour s'assurer qu'il n'y a pas de violation, et si c'est le cas, (les responsables) sont traduits en justice", affirme-t-il. Une exciseuse peut être passible de cinq ans d'emprisonnement.
Parmi les programmes de reconversion, Tostan propose aux femmes des micro-crédits et des moyens matériels, tels que des machines à coudre.
La question de la reconversion est récente, mais celle des femmes excisées n'est pas encore posée. "On les laisse avec leurs problèmes. Il faudrait qu'on se penche sur leurs cas, (...) qu'on les prenne en charge pour qu'elles retrouvent une vie normale", estime Mme Sidibé Ndiaye.
A l'Organisation mondiale de la santé (OMS), on "ne lutte pas contre les traditions, mais on aide la population à comprendre ce qui est positif et ce qui est négatif", explique le Dr Isseu Diop Touré, conseillère en santé de la reproduction à l'OMS.
Si le milieu rural réagit positivement aux campagnes de sensibilisation, "les centres urbains peuvent poser problème", note Bilal Ndiaye.
"Il n'y a pas de programmes, parce qu'on imagine que des villes comme Dakar ne sont pas concernées par cette pratique", explique-t-il. Or, dans les centres urbains, "les gens agissent comme s'ils étaient encore au village, et donc ce sont des poches où la pratique perdure", constate le Dr Diop Touré.
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Submitted on mar, 03/09/2004 - 01:00
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