Dossier 9-10: Non conformiste en art et par l’esprit

Publication Author: 
Kuma Sankar Majumder
Date: 
décembre 1991
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number of pages: 
232
Son père, feu Faiz Ahmad Faiz du Pakistan, était peut-être le poète le plus populaire et le plus talentueux du sous-continent. Salima, âgée de 47 ans, dit n'avoir «pas le don des mots», et pourtant, elle s'exprime mieux que bon nombre de soi-disant littérateurs. Tout comme son père, c'est une non conformiste en art et par l'esprit. De sa mère, elle a hérité la connaissance de soi et la confiance tranquille qui transcende toutes les barrières. Elle a un rire enivrant.

Je lui ai parlé lors d'un de ses séjours dans la baie de San Francisco, en Janvier 1990. Meher Van Groenou et Idrees Malik ont aidé à organiser l'interview.

Kumar Sankar Majumder : Avant que nous n'abordions vos influences créatrices et votre philosophie politique, parlez nous de votre vie professionnelle.

Salima Hashmi : De profession, je suis peintre. J'enseigne également. J'ai étudié la peinture à Lahore et en Angleterre. Et depuis longtemps, depuis 1969, j'enseigne à Lahore, au National College of Arts, qui s'appelait autrefois «New School of Arts». C'est l'école où j'ai moi-même étudié. Le nom a changé en 1947, (après la Partition), comme cela a été le cas pour beaucoup d'autres institutions. C'était une sorte d'institution soeur de la Calcutta School, de la Madras School et de J.J. (School of Arts à Bombay).

En fait, des personnes très connues qui étaient autrefois liées à l'institution, Satish Gujral (peintre indien) et B.C. Sanyalji (Recteur avant la Partition) sont venues à Lahore il y a deux ans pour effectuer un grand voyage sentimental. J'étais une des personnes qui leur servaient de guides. Ce fut une très grande joie.

Je me suis également occupé de théâtre sur le plan local. Une fois que la télévision a commencé à diffuser au Pakistan, je me suis occupée de télévision pour les enfants et de marionnettes. Et également de satire - dans les années où il était possible de faire de la satire (rires). J'ai été effectivement réduite au silence et interdite de télévision à partir de 1978. Je n'y suis revenue que cette année.

J'ai pris une année sabbatique pour suivre un cours à la Rhode island School of Design, à Providence. Ce cours traite réellement de la recherche dans l'enseignement de l'art.

Majumder : Pouvez-vous m'expliquer cela, s'il vous plaît ?

Hashmi : C'est relatif à des faits qui se produisent en même temps en différents endroits. Dans le sous-continent, il y a un terrible rideau de fer. La poésie peut voyager. Je sais que mon père n'a jamais eu de problèmes. La musique peut voyager, parce que l'on peut écouter la radio que ce soit à Calcutta, ou à Lahore, ou n'importe où ailleurs. Et avec les vidéos, bien sûr, les films peuvent voyager.

Mais pour les oeuvres d'art, à moins de les transporter physiquement d'un endroit à un autre, il n'y a rien à faire. On a été complètement coupé de ce qui se passait en Inde. Et très peu d'artistes indiens sont informés de ce qui se passe au Pakistan.

Ainsi, il y a quelques années, nous avons senti - et ceci a également été le cas pour beaucoup d'autres personnes, comme je l'ai su plus tard - qu'il était temps d'examiner ce qui s'était fait au cours des quarante dernières années. Nous avons été confrontés au fait que nous avions les mêmes problèmes, à savoir, accepter l'héritage plastique et à le placer sous un éclairage contemporain. C'est quelque chose qui m'a préoccupée en tant qu'enseignante.

J'ai personnellement fait des efforts pour me rendre en Inde et pour y prendre des contacts. Je suis heureuse parce que pour la première fois, un groupe d'étudiants de mon école a participé à la 6ème Triennale Internationale de Delhi en tant qu'observateurs et artistes. L'an passé, nous avons eu la Première Biennale à Lahore et nous y avons accueilli Satish Gujral. Il est venu avec deux autres peintres ainsi que deux critiques d'art. Notre intention était d'étudier le travail les uns des autres et de faire des critiques.

Majumder : Sont-ils venus avec leurs oeuvres ?

Hashmi : Oui. Pour la première fois, nous avons vu l'art indien contemporain à Lahore. De vrais tableaux, de vraies sculptures.

Cette année, j'espère formuler quelques unes des questions qui me préoccupent. Je suis allée à Calcutta cet été avant de venir ici, juste pour rencontrer certaines personnes qui s'intéressent à des questions similaires sur le plan théorique. Je souhaitais beaucoup rencontrer Ratnabali Chattopadhyay. Ce fut un grand bonheur de rencontrer une personne de son envergure. Elle m'a dit : «Je ne peux pas croire que vous ayez fait tout ce chemin pour me rencontrer. Je ne savais pas qu'il y avait des gens qui lisaient ce que j'écrivais».

Nous avons longuement parlé. Nous avons abouti à une proposition de tenue d'un séminaire à Lahore en 1990-91 sur l'esthétique du sous-continent. Nous voulons l'organiser dans un contexte contemporain. Nous espérons accueillir des érudits, des artistes et des critiques de l'Inde ; ainsi que des architectes, car nous souhaitons inclure l'architecture dans l'art.

Majumder : Comment décririez-vous votre peinture ?

Hashmi : Pendant les 7 à 8 dernières années, j'ai travaillé sur papier en utilisant un mélange de procédés. J'ai fait de la peinture semi-figurative. Un grand nombre de mes oeuvres porte sur des thèmes ayant trait aux femmes. Et cela, surtout pour des raisons politiques, je suppose, en raison de la situation au Pakistan, qui me préoccupe énormément.

Majumder : Faites vous de la peinture abstraite ?

Hashmi : Disons que la signification n'en est pas immédiatement manifeste. Elle doit être décryptée. Mais ce n'est pas de l'abstrait dans la mesure où ce n'est pas de l'abstraction pure, ce ne sont pas des formes pures qui peuvent avoir n'importe quel sens pour n'importe qui. Il y a de très fortes indications dans mon travail sur la façon dont il doit être lu. Bien que je ne souhaite pas être dictatoriale, il y a un certain nombre d'indices qui vous servent de guides. Et bien sûr, vous en faites l'interprétation que vous souhaitez.

Mais assurément, ma préoccupation primordiale est la silhouette féminine, la silhouette féminine dénudée, qui constitue une cible vulnérable au Pakistan.

Majumder : Ceci pose-t-il des problèmes dans un pays musulman ?

Hashmi : Oui, bien sûr. Des problèmes majeurs. Je ne pouvais exposer dans aucune galerie publique. J'ai dû aller dans des galeries privées. Une ou deux fois, mes oeuvres ont dû être décrochées au dernier moment, juste avant l'inauguration de l'exposition.

Par contre, il en a résulté que beaucoup plus de personnes étaient curieuses de connaître mon travail. Les galeries publiques ne leur proposaient que de l'art «officiel». Et vu l'état des choses durant les 8 à 10 dernières années, il s'agissait surtout de calligraphie et de paysages ineptes.

Majumder : Utilisez-vous la couleur ?

Hashmi : J'utilise des couleurs très vives. Je travaille avec de fines couches d'aquarelle associées au collage, au crayon, au crayon pastel, avec des procédés qui permettent des gestes de la main très nets. Parfois, ma peinture est également monochrome.

Majumder : Vous avez parlé des questions de femmes. Quelles furent quelques-unes des autres influences créatrices qui ont modelé votre pensée ?

Hashmi : Il ne fait pas de doute que mon père a eu une influence primordiale. Pendant presque toute mon enfance, il était en prison pour des raisons politiques. Ceci m'a profondément marquée. Pas seulement au sens personnel, mais aussi en raison du fait que dans son environnement, l'engagement politique était très important. Avec tous ses amis - écrivains, artistes, comédiens ou chanteurs - il y avait toujours cette atmosphère particulière dans la maison, pendant ma jeunesse.

Un de mes premiers souvenirs doit remonter à peu de temps après la Partition. Je me souviens que j'étais à la tête d'une manifestation à Murrie, juste après les massacres communalistes qui y avaient eu lieu et au cours desquels un grand nombre de Sikhs avaient été assassinés. Ma mère organisait cette marche pour la paix comme une sorte de pont entre les communautés musulmane et sikh. Cette fois là, il n'y avait pas de chevaux, juste beaucoup d'ânes. A la tête de la manifestation, nous étions quatre enfants montés sur des ânes, pour plaider en faveur de la paix entre les communautés : ce fut ma première manifestation politique (rires).

Il n'y a jamais eu aucun doute dans mon esprit que, quoique je fis, théâtre, télévision, ou participation à une manifestation sur la peinture, c'était le contexte qui comptait le plus. Je n'y ai jamais pensé comme une fin en soi, ou même comme une façon de gagner ma vie. Je ne crois pas avoir pensé être peintre avant d'entrer au collège. Je n'avais aucun désir ardent de m'exprimer par la peinture. Je savais tout simplement que ce que je ferai aurait un rapport avec la communication.

Majumder : Utilisiez-vous la parole ou l'écriture aisément ?

Hashmi : Pas du tout. J'étais une enfant très introvertie. Il m'était très pénible de communiquer par la parole avec quiconque.

Majumder : Pourtant vous aviez cette forte envie de communiquer. C'est devenu de la peinture. Comment ?

Hashmi : Je pense que c'est parce que je m'exprimais difficilement avec les mots. J'étais trop timide pour m'exprimer. J'aimais passer beaucoup de temps toute seule. Durant les années que mon père a passées en prison, ma mère allait travailler pour nous entretenir et je restais longtemps seule. Etant très consciencieuse, ma mère s'assurait que nous ne manquions pas de certaines choses qu'elle jugeait essentielles : il y avait toujours une boite de peinture dans la maison, ainsi que du papier. Et il y avait des livres, naturellement.

Mon père avait une très grande bibliothèque de livres d'art que j'avais l'habitude de consulter. Je m'imaginais qu'il était effectivement peintre et qu'il avait peint toutes ces oeuvres. Je souhaitais donc lui ressembler. C'est une des choses qui a tout déclenché. Et j'ai simplement continué à peindre. Mais je n'étais pas terriblement sûre d'avoir de bonnes dispositions.

Puis se produisit un événement qui me fit l'effet d'une bombe : ma mère avait envoyé un de mes tableaux à Shankar's Weekly, et je gagnai un prix. Je fus ébahie de voir qu'un travail que j'avais réalisé toute seule pouvait effectivement me faire gagner quelque reconnaissance. J'en fus si secouée que pendant un certain temps, je n'ai pas travaillé, mais cela m'a fait pressentir que je pouvais faire quelque chose.

Majumder : Vous dites que vous n'avez pas le don des mots, mais vous êtes tout le temps imprégnée de poésie. Je me demande si le langage a, pour vous, une musique spéciale.

Hashmi : Je pense que c'était inévitable. Dès mon plus jeune âge, j'ai pu mesurer le pouvoir que le langage avait d'émouvoir les gens : la façon dont ils réagissaient à chaque fois qu'un (nouveau) poème nous venait de la prison ; le fait qu'on le faisait circuler. Et sans en comprendre totalement le sens, je pouvais tout de même ressentir les sentiments qu'il véhiculait et y réagir.

Cela faisait tellement partie de ma vie. C'était vital pour moi. Pendant des mois, nous ne voyions pas mon père. Il était trop loin. Il était à Hyderabad, dans le Sind, alors que nous étions à Lahore. Aussi la poésie était-elle le lien. Et elle véhiculait ce contenu émotionnel. Les mots étaient donc très importants.

La poésie était essentiellement orale. J'avais donc l'impression qu'il n'était pas nécessaire que la communication passât par l'écriture, mais que c'étaient les mots qui touchaient les gens.

Majumder : Dans votre enfance, étiez-vous exposée à d'autres sources d'inspiration ? Aviez-vous entendu parler de Tagore ?

Hashmi : C'est intéressant parce qu'en fait, j'ai d'abord entendu parler d'Abanindranath (Tagore, neveu du lauréat du Prix Nobel Rabindranath Tagore). Il y avait à la maison quelques reproductions de ses oeuvres. Mes parents avaient un tableau de Jamini Roy dans la salle de séjour. C'était un des premiers tableaux que j'aie jamais vu et à propos duquel j'ai posé des questions. Et outre sa peinture, les chants et la musique de Tagore nous accompagnaient.

Ma mère, Alice, est Anglaise. Mais je ne m'en suis pas vraiment rendu compte avant l'âge de 5 ou 6 ans. Je ne parlais pas Anglais quand j'étais enfant. Ma mère parlait Urdu et portait toujours le salwar kameez. Elle aimait beaucoup la poésie, le théâtre, et autres arts du sous-continent.

Durant les années où mon père était en prison, elle a vraiment fait des efforts délibérés (pour me confronter à la culture locale) parce qu'elle était consciente du fait qu'elle n'était pas du sous-continent. Elle ne voulait pas que nous fussions dépossédés ou que nous nous sentions déracinés d'une façon quelconque. Quand j'y repense maintenant, je suis ébahie par sa persévérance.

Elle regrettait que, pour un certain âge, il y eut très peu de littérature pour enfants, du moins en urdu. Elle allait au bureau à vélo et ensuite, elle se rendait à la bibliothèque publique pour emprunter des livres en urdu et elle s'assurait que nous les lisions.

Beaucoup de ce que j'ai lu en traduction était de Tagore. En fait, ma mère m'a en quelque sorte gavée de la majeure partie de la littérature du sous-continent en raison du fait que mon père fut absent pendant 4 à 5 ans, durant mon enfance.

Plusieurs années plus tard, mon père a été exilé du Pakistan dans les années 70, sous le gouvernement de Zia. Il a parcouru le monde pendant plusieurs mois. Puis des écrivains afro-asiatiques lui ont demandé d'être le rédacteur en chef d'une revue, Lotus. Il a aussitôt accepté. En raison du fait que les écrivains palestiniens avaient beaucoup d'influence, Beyrouth fut choisi pour être le siège de la revue. Mon père y a vécu deux ans. Il était très proche de l'OLP, à l'époque, et a travaillé en étroite collaboration avec cette organisation pour la cause palestinienne.

Majumder : Votre fils, Yasser, porte le nom du dirigeant de l'OLP ?

Hashmi : Oui, Yasser Arafat sait que le petit-fils de Faiz porte son nom.

Quand mon père était à Beyrouth, je lui ai écrit pour lui parler de mes enfants. Je lui disais qu'ils avaient lu tous les livres pour enfants en urdu. Que devais-je faire ? Je me souviens qu'il m'écrivit une lettre tellement triste - ça faisait près de deux ans et demi que je ne l'avais pas vu. Il me disait : «Tu sais que j'ai manqué ton enfance parce que j'étais en prison. Et maintenant je suis en train de manquer celle de tes enfants». J'ai aussitôt pris l'avion et j'ai emmené mes enfants à Beyrouth.

Nous avons passé l'été avec lui. C'était une expérience merveilleuse pour mes enfants. Ils n'auraient rien pu faire de plus instructif. Etre dans cette ville et voir ce que la guerre en avait fait, et la poudrière qu'était la guerre. Et cependant, ils étaient là avec leurs grands-parents. Ils se promenaient le soir. Il y avait des bombardements quelque part. Il y avait des combats. On se mettait à l'abri pour attendre que ce soit fini. Puis on rentrait. Et cela se passait comme pour tout le monde.

Majumder : Je sais que vous êtes engagée dans le Mouvement palestinien pour la Paix. Quelle est votre motivation ?

Hashmi : Je pense que ceci un rapport essentiel avec l'époque que l'on a vécue, l'époque où l'on a grandi : la façon dont on a vu son propre pays ravagé, en voyant les conséquences des conflits entre l'Inde et le Pakistan, et actuellement, à la frontière avec l'Afghanistan. Ce qui est arrivé au Pakistan, par où ont transité les armes pour la guerre en Afghanistan, c’est que ces mêmes armes se sont retournées vers l'intérieur, contre nous.

Ainsi, il y a, pour chacun, sa propre expérience immédiate. Et puis il y a la menace d'annihilation de l'homme. Vous êtes constamment conscient du fait que, si vous êtes une personne créatrice, vous devez vous investir dans cette question. Il n'y a aucun moyen de faire autrement.

Ce sont là les questions que l'on se pose. Il faut donc que l'on s'engage pour la paix. Et je m'y engage comme n'importe qui d'autre. C'est en partie pour cela que j'ai participé au mouvement des femmes au Pakistan. Je vois simplement que la femme s'investit toujours dans l'avenir. Elle crée. Elle est donc une nourricière, et elle s'assurera qu'il y a un avenir. Je le place dans ce type de contexte.

Aussi, sans être formellement engagée, je m'impliquerai partout où il y aura une possibilité de faire quelque chose dans cette voie.

Majumder : Ainsi, quand on vous le demande, vous participez, mais vous ne porterez pas le flambeau de votre propre chef pour commencer à défiler ?

Hashmi : Quand cela a été nécessaire, on l'a également fait, même si cela a été très impopulaire.

En 71, quand l'armée pakistanaise est intervenue au Bengale, nous faisions partie des artistes qui disaient : «Non, vous avez tort». A ce moment là, tout le thème de ma peinture était Soni Dharti, qui signifiait vraiment Sonar Bangla (Bengale Doré, la devise des Bengalis). C'était un titre satirique pour ces tableaux, car on y voit des arbres en train d'être déchiquetés.

Majumder : Quand vous parliez de poèmes de prison, je pensais aux écrits immortels d'Oscar Wilde et de Jawaharlal Nehru.

Hashmi : Je me souviens que l'on questionnait mon père, juste un an avant sa mort, à propos de son poème «Daybreak in Jail» [Aube en prison : «Faiz Sahib, comment vous en est venu l'idée ?» Mon père était en train de décrire les changements physiques qui se produisent quand il dit soudain : «Vous savez, être en prison c'est comme être amoureux. Tous vos sens sont si exacerbés que vous êtes sensible au moindre changement. Tout agit sur vous. Vous êtes en harmonie avec l'environnement. Voilà ce que la prison fait».

Majumder : Que pensez-vous sincèrement de la poésie de votre père ?

Hashmi : J'ai été très, très touchée par sa poésie. Parfois elle a traduit mes propres expériences à un degré que rien d'autre n'a jamais atteint.

Il n'a jamais été un père dans le sens traditionnel. Ce n'était jamais lui qui édictait les règles dans la maison. C'était l'amitié (yaari-dosti), absolument. Même vers la fin de sa vie, on pouvait lui dire : «Je pense que c'est absurde», ou «Pourquoi fais-tu cela ?» ou encore: «Pourquoi parles-tu à cette personne ?»

Et il en faisait de même. On était vraiment sur un pied d'égalité. La preuve en est que tous mes amis le traitaient comme un de leurs propres yaars (amis). Il n'y avait jamais de barrière, jamais de conflit de générations.

Mais si nous allons au delà du plan personnel, je dois dire qu'en tant que porte-parole d'une certaine époque, il a été très efficace, des deux côtés de la frontière. Et regardons les choses en face, cette frontière a également été très efficace. (rires)

Photographe et journaliste, Kumar Sankar Majumder a participé à la renaissance culturelle au Bengal et est un observateur enthousiaste de la condition humaine. Il a enseigné l'esthétique du cinéma au Pune Film Institute et à Standford University. La présente interview a d'abord été publiée dans Indian Currents.

Reproduit de: Committee on South Asian Women (COSAW) Bulletin
Dpt of Psychology, Texas A & M University, College Station, TX 77843, U.S.A.
Vol. 7 (1-2), pp. 10-15, ISSN 0885-4319.